• Delacroix (jeunesse)

    Au musée Delacroix<o:p></o:p>

    Une jeunesse romantique<o:p></o:p>

    Présent du 5 janvier 08<o:p></o:p>

    La mort, la mésentente : Eugène Delacroix a tôt vu sa famille se désagréger. L’amitié n’en a que plus compté. Ses amis de jeunesse seront ceux de sa maturité, ceux rencontrés plus tard seront tout autant à l’image du peintre : probes, fidèles, exigeants. Ces compagnons et amis des années 1822-1830 sont à l’honneur dans une exposition fort bien ficelée.<o:p></o:p>

    Les lettres de Delacroix adolescent, son journal de jeune homme tenu entre 1822 et 1824 reflètent le romantisme ambiant. Il aime fréquenter l’église à moitié ruinée de l’abbaye de Valmont, où chantent la chouette et le vent ; de passage chez son frère en Touraine près de Montbazon, il médite auprès de l’étang sous la pleine lune. Nulle pose cependant : Delacroix réfléchit sur son métier, sur les gens. Nature droite, il ne se charge d’aucune chimère. <o:p></o:p>

    La rectitude de sa vocation, son travail persévérant tranchent avec son indécision sentimentale. Il s’éprend de Lisette, qui ravaude les chemises, soupire après Sidonie, la camériste de Mme de Puységur, espère de Fanny, sa grisette de voisine ; écrit à une certaine J., confie ses déboires à son journal quand il n’a pu voir Mme de Conflans sans son mari.<o:p></o:p>

    Delacroix se lie avec de nombreux artistes qui deviennent des amis : Paul Huet, paysagiste de qualité (Intérieur de la forêt de Compiègne, Vue de la vallée de Coucy), Antoine-Louis Barye avec qui il dessine au Jardin des Plantes, tous deux font même des croquis anatomiques lors de la dissection d’un lion ; il se plaît en compagnie d’Anglais, Bonington à qui on doit des scènes où prime le pittoresque (François 1er et la duchesse d’Etampes, Anne d’Autriche et Mazarin), les frères Fielding. Fréquentations qui renforcent son anglomanie, née de l’apprentissage de l’aquarelle, technique encore peu répandue en France, et de la langue grâce à son ami J.-B. Soulier, ainsi que de la lecture assidue de Byron, Walter Scott et Shakespeare. Si Dante est une référence pour le peintre, qui goûte la profondeur de vue et la hauteur de son imagination, la littérature du Nord l’attire décidément. Il y trouve l’inspiration pour des pochades (Autoportrait en Hamlet), de grandes toiles (Dante et Virgile), illustre le Faust de Goethe, dessine les costumes pour l’adaptation, par Victor Hugo, d’une pièce de Scott (Amy Robsart). <o:p></o:p>

    L’influence de Constable fut décisive : ayant vu de ses paysages chez un marchand parisien, Delacroix, touché par le rendu de la lumière, modifia in extremis le ciel des Scènes des massacres de Scio qu’il s’apprêtait à exposer au Salon (1824). Ce premier chef-d’œuvre fit de lui le maître de la jeune peinture romantique, le remplaçant de Géricault décédé l’année précédente des suites d’une chute de cheval alors qu’il jouissait déjà d’une admiration unanime. Les liens entre Géricault et Delacroix furent plus professionnels qu’intimes. Ils s’étaient rencontrés dans l’atelier de Guérin. Delacroix avait posé pour un des personnages du Radeau de la Méduse, dont on voit ici une esquisse. Il avait servi de nègre pour peindre une Vierge du Sacré-Cœur qui ennuyait Géricault et qui, au vu des nombreuses esquisses, ennuya aussi Delacroix. Prévu pour la cathédrale de Nantes, le tableau aboutit dans celle d’Ajaccio. Lors de la vente après décès du fonds d’atelier de Géricault, Delacroix désargenté acheva de se ruiner pour acheter divers dessins et lithographies. <o:p></o:p>

    Le manque d’argent empêcha Delacroix de faire le traditionnel voyage d’Italie. Il fit celui d’Angleterre en 1825. Reçu par ses amis, il rencontra également les peintres Thomas Lawrence (le plein d’aisance Portrait de Charles William Bell), William Etty (remarquable Femme nue vue de dos). Il y apprit l’utilisation du vernis de copal qui fluidifie l’huile, ce qui lui permit de pousser sa recherche d’une touche toujours plus expressive.<o:p></o:p>

    L’incertitude de la vie de bohème céda peu à peu la place à la régularité d’une vie de labeur assurée par les commandes. Sa fréquentation du salon du peintre & baron Gérard lui fit rencontrer Thiers, Mérimée, Stendhal, protections utiles pour sa carrière. On pense que le soutien de Talleyrand, son éventuel père, fut aussi pour quelque chose dans les premières commandes officielles. Mais il y eut toujours un parti d’anti-Delacroix, composés de ceux qui appréciaient la facture ingresque. Trente années plus tard, quand la maturité sera là, et les rivalités, et les défaillances de la santé, Delacroix se réfèrera aux années dix-huit cent vingt comme aux années d’une joie de vivre sans mélange, dont témoigne tel lavis négligemment peint lors d’un réveillon (illustration) : une guitare, de la boisson, des amis au coin du feu, une scène tout droit sortie d’un conte d’Hoffmann où des jeunes gens épris d’art dissertent autour d’un punch brûlant.<o:p></o:p>

    Samuel<o:p></o:p>

    Delacroix et les compagnons de sa jeunesse, <o:p></o:p>

    jusqu’au 25 février, Musée Eugène Delacroix<o:p></o:p>

    Illustration : Réveillon de Saint-Sylvestre, lavis, DR.


    Voir également


    Tags Tags : ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :