• Idées et langages, par G. Lindenberger

    DIRECTION RELIGIEUSE

    Diététique.

    – Les pigeons, victimes à venir du réchauffement climatique ? Cela ressort des propos de Maître Suprême Ching Hai, « humanitaire, artiste et enseignante spirituelle de renommée internationale ». Son message aux dirigeants du monde, « Je leur dirais d’utiliser leur puissant pouvoir pour faire changer le mode alimentaire de la planète […] D’utiliser leur puissant pouvoir pour instaurer une nouvelle façon de s’alimenter sur cette planète, le végétarisme. » Bis repetita placent, et comme les mots « puissant pouvoir » semblent délectables. Donc, au menu, tofu, gluten et maïs, « aliments nutritifs sauvant des vies » et coupant l’appétit démesuré des pollueurs. Quant aux gens du monde (traîtrise d’un logiciel de traduction), Maître Suprême Ching Hai « les aime énormément ». C’est d’ailleurs son secret : « Soyez bon et en bonne santé. »

    Biblique. –

    Conscient que la longueur d’un service religieux « barbant et inapproprié » rebute les fidèles, Mark Evans (Little Rock, Arkansas) a créé sa propre église « pour les sans-église» et mis au point un office qui ne dure pas plus de trente minutes. Au programme, « un message engageant, une musique de culte entraînante et un rituel créatif ». Une créativité, qui fera verdir plus d’une équipe liturgique de chez nous ! Par contre, la spiritualité du message n’a rien de l’esprit tiers-mondiste requis pour une bonne pastorale : « Guidé par un millionnaire », annonce notre Mark Evans, qui ne l’est pas encore. Le millionnaire en question est Salomon. « Vous seriez émerveillé par son avis sur beaucoup de questions, votre profession, vos relations, votre santé, vos finances… Ce que Salomon avait à dire concerne tout simplement le monde d’aujourd’hui. » La clé de Salomon, clé du coffre?

    à part ça, Mark Evans est l’auteur, avec son épouse, de l’ouvrage Mariage gagnant : 7 choses que font les couples heureux pour le rester. Il propose diverses formations, parmi lesquelles je relève celles sur les « gens toxiques », ou comment apprendre à se comporter «avec les relations toxiques, les religions toxiques et les parents toxiques. »

    DIRECTION ARTISTIQUE

    Guidé.

    – Au Grand Palais, du 7 mai au 15 juin, le sculpteur américain Richard Serra présente « une installation que le visiteur découvre sous la forme d’un paysage d’acier à la fois radical et poétique, minimal et mouvementé. » Une œuvre « épurée et majestueuse » qui « bouleverse le rapport du visiteur à l’espace » (véritable scie de l’art contemporain). Histoire que nul n’erre ou n’use de sa jugeote, « une politique de médiation innovante et engagée » est instaurée grâce à des « médiateurs spécialisés », sortes de vigiles de l’histoire de l’art, chargés d’ « accueillir et orienter gratuitement les visiteurs individuels dans un souci constant d’échange et de dialogue. » Le public scolaire, « objet d’une attention particulière », bénéficiera de visites adaptées, « en cohérence avec le socle commun des connaissances et les programmes ». Socle et œuvre sont dignes l’un de l’autre.

    Azimuté. –

    Un lieu s’ouvre dans le 18e, pour mener « des expériences autour des notions de corps, d’espace, de la relation public / privé. » Première tournée sur le thème du voyeurisme : Marianne Mains (de l’ENSA de Nancy) « développe une esthétique trash–glamour… Ses mises en scène très élaborées de jeunes filles rendues à la nature ou soumises à son bon vouloir sont autant de rêveries intrigantes » (photo) Géraldine Husson présente des « objets hybrides, proposition d’univers–refuges, sensibles, psychiques et physiques sans considération de frontières. » Des thématiques sales et rebattues, de jeunes artistes à la remorques des Annette Messager, des Louise Bourgeois (à l’honneur au Centre Pompidou), des Sophie Calle (à l’honneur à la BnF).

    Désorienté. –

    Une galerie du Marais accueille les sculptures d’Elisabeth Ballet, « universelles car elles remettent en jeu les questions classiques de la sculpture ». Pourtant, rien que de très rabâché : «les questions du déplacement et de la circulation dans l’espace, sur l’articulation du dehors et du dedans, de l’ouvert et du fermé...» Je vous passe les détails, mais sachez que « la sculpture maintient le spectateur à distance tout en l’obligeant à une déambulation mentale. » Tout cela sent en effet le déambulateur.

    DIRECTION POLITIQUE

    Coincé. –

    Lu dans Direct Matin du 8 avril : « La diffusion récente d’une vidéo sadomasochiste qui met en scène Max Mosley, patron mondial du sport automobile, suscite des remous dans la F1. » Ce n’est pourtant pas ce que vous croyez. Il n’est pas reproché au sexagénaire l’usage du fouet en compagnie de cinq jeunes femmes. « L’usage d’uniformes, de tenues de prisonniers et, surtout, de la langue allemande lors d’un simulacre d’interrogatoire a fait s’émouvoir nombre de personnalités du monde du sport automobile. » Indignation subséquente des organisations juives britanniques, qui ont rappelé des antécédents familiaux accablants : le père de Max Mosley avait fondé dans les années trente la British Union of Fascists. Archétype jungien ? Complexe freudien ? Max Mosley a réfuté « le caractère nazi de son échappée sexuelle »… Les adeptes du triolisme révisionniste n’ont qu’à bien se tenir.

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