• Mignard (Pierre)

    Au musée du Louvre<o:p></o:p>

    Mignard classique<o:p></o:p>

    Présent du 21 juin 08<o:p></o:p>

    Simon Vouet (1590-1649), après douze années passées à Rome, rentra à Paris en 1627. Il accueillit deux élèves, Charles Le Brun (1619-1690) et Pierre Mignard (1612-1695), tous deux promis à une belle carrière, non sans rivalité. Le Brun eut longtemps le champ libre car Mignard travailla vingt-deux ans à Rome, de 1635 à 1657 – on l’appela Mignard le Romain pour le distinguer de son frère Nicolas, peintre lui aussi. Sa réputation romaine étant arrivée aux oreilles de Louis XIV, celui-ci le rappela en France. <o:p></o:p>

    Dans la querelle des rubénistes et des poussinistes, Mignard s’opposa à Le Brun plus pour s’en démarquer que par conviction, tandis que son frère Nicolas prenait parti pour Le Brun… Ce n’est qu’à la mort de Le Brun que Mignard accéda aux honneurs en devenant directeur de l’Académie royal de peinture et Premier peintre du Roi. Ce titre de Premier peintre rendait la Couronne propriétaire de toute sa production réalisée durant ses cinq dernières années. Pour cette raison, le fonds Mignard du Louvre est essentiellement constitué de dessins de la maturité. <o:p></o:p>

    On a appelé ses Vierges à l’Enfant post-raphaélesques mignardes, le jeu de mot était facile même si elles le méritaient, quant à ses portraits – ils firent sa gloire à Rome puis à Paris –, Poussin les qualifiait de « froids et fardés ». Mais les dessins de Mignard nous amènent à reconsidérer son talent : son art ne peut être limité à la joliesse ou à la froideur.<o:p></o:p>

    La plupart des dessins précèdent des peintures destinées au décor. Les quatre saisons ornaient la galerie d’Apollon à Saint-Cloud. Disparues dans l’incendie de 1870, ces peintures nous sont connues par des gravures et des tapisseries (signes de leur réputation) et par ces deux esquisses : Le sacrifice à Cérès (l’été) et Le triomphe de Bacchus et d’Ariane (l’automne).<o:p></o:p>

    Pour son grand ami le sculpteur Martin van den Bogaert (dit Desjardins, qui fit son buste en marbre), Mignard dessine une composition La paix de Nimègue, sujet d’un des bas-reliefs du monument de la place des Victoires. La statue équestre de Louis XIV en costume de sacre a été détruite en 1792, les quatre Captifs qui l’entouraient et les bas-reliefs, après force voyages, ont trouvé refuge au Louvre.<o:p></o:p>

    Desjardins a travaillé à de nombreuses sculptures des jardins de Versailles. Mignard réalisa des peintures destinées au château, mais elles ne furent jamais installées. Les esquisses (illustration) montrent, pour le Salon Ovale, les neuf Muses, Pégase et Apollon (une toile avec trois muses a échoué au musée des Augustins à Toulouse) ; pour le Salon des Coquilles, des allégories du Temps, de la Fortune, du Destin, de la Beauté. La Fortune tient une corne d’abondance, nous sommes loin de la Fortune médiévale alternativement positive et négative, celle dont la Roue précipitait la chute des rois, concept inconcevable dans la demeure de Louis XIV.<o:p></o:p>

    Celui-ci figure dans un portrait en tant que « protecteur des sciences, des lettres et des arts ». Colbert a droit à une composition : Neptune offre à Colbert l’empire des mers – on connaît le rôle qu’il a joué dans le développement de notre marine. <o:p></o:p>

    La plus grande peinture décorative de Mignard est celle de la coupole du Val-de-Grâce, achevée en 1663 : La Gloire céleste, où, dans un rassemblement traditionnel, figurent par groupe les martyrs, les vierges, etc. Une réduction de la fresque fut peinte par Michel II Corneille, ici présentée ainsi que les gravures réalisées d’après elle en plusieurs plaques, tour de force, par Gérard Audran.<o:p></o:p>

    Vaste peinture qui fit la gloire de Mignard, méritée car la tâche était ample et périlleuse. Molière, autre ami proche, qu’il a portraituré, écrivit La Gloire du Val-de-Grâce, poème en vers emphatiques dans lesquels on peine à le reconnaître. Il y loue cette œuvre, véritable école de peinture à elle seule, où éclatent les talents du peintre quant aux parties constitutives de son art, l’invention, le dessin, le coloris, talents cultivés à Rome à laquelle hommage est rendu. Pour Molière, cette œuvre est une victoire sur l’art barbare du Nord. Il ne manque pas de signaler la difficulté de la technique de la fresque –à une époque où l’huile est maîtresse incontestée –, et Louis XIV et Colbert ont les honneurs de la fin du poème. <o:p></o:p>

    La réduction de la fresque du Val-de-Grâce figure dans le grand autoportrait de 1690. Mignard est devenu premier peintre du roi. Assis dans un confortable fauteuil de velours rouge, le peintre s’arrête de dessiner et nous regarde. Il est vêtu d’une robe de chambre damassée orange à doublure bleu vert, porte des mules céruléennes. L’époque des mignardises est loin derrière lui.<o:p></o:p>

    Samuel<o:p></o:p>

    Pierre Mignard, Dessins du musée du Louvre,<o:p></o:p>

    jusqu’au 1er septembre 2008, Musée du Louvre<o:p></o:p>

    illustration : Euterpe, pierre noire, sanguine et rehauts de blanc. Musée du Louvre © RMN/ Thierry Le Mage<o:p></o:p>


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