• Redouté (Pierre-Joseph)

    Au Muséum national d’Histoire naturelle<o:p></o:p>

    Anthologie<o:p></o:p>

    Présent du 21 février 2009<o:p></o:p>

    Pour le 250ème anniversaire de Pierre-Joseph Redouté (1759-1840), le Muséum d’Histoire naturelle nous offre quelques fleurs peintes par ce « Raphaël des fleurs », tirées du Cabinet du Jardin des Plantes qui conserve environ cinq cents planches.<o:p></o:p>

    Né dans les Ardennes belges, fils de peintre, P.-J. Redouté rejoignit à Paris en 1882 son frère Antoine-Ferdinand et l’assista dans la peinture de décors de théâtre. (Un troisième frère, Henry-Joseph, arriva ensuite et mena une carrière dans l’ombre de Pierre-Joseph, il collabora notamment à la Description de l’Egypte). Cependant le goût et le talent de P.-J. Redouté ne correspondaient que peu au décoratif théâtral. L’exemple de Gérard Van Spaendonck, dont la peinture florale connaissait un franc succès, et la rencontre de deux habitués du Jardin des Plantes, Charles de Brutelle et Desfontaines, le poussèrent dans la voie de l’illustration botanique. Il accompagne Brutelle en Angleterre en 1788, où il étudie au Jardin botanique de Kew (près de Londres) et s’initie à la gravure au point qu’il utilisera par la suite. Revenu en France il collabore également avec Van Spaendonck qui sera en 1793 le premier titulaire de la chaire d’iconographie naturelle du Muséum. <o:p></o:p>

    La carrière de Redouté fut exclusivement parisienne et se déroula de façon conjointe côté jardin, où il développa une activité scientifique de peintre botanique, et côté cour : dessinateur et peintre du Cabinet de Marie-Antoinette, peintre officiel de Joséphine de Beauharnais, professeur de l’impératrice Marie-Louise puis, dans les années 1820, devenu Maître de dessin au Muséum, assistèrent à ses cours la reine Hortense, la duchesse de Berry, la reine Amélie et ses filles, etc.<o:p></o:p>

    D’aristocratiques élèves, des confrères du Muséum parmi les plus grands (Cuvier, Lamarck, Saint-Hilaire) faisaient de lui une personnalité influente. Lorsque Jean-Jacques Audubon vient à Paris en 1828 afin de trouver des souscripteurs pour son ouvrage The Birds of America, c’est grâce à Redouté qu’il obtient une audience avec Louis-Philippe d’Orléans, et une entrevue avec Cuvier. Le voyage fut financièrement peu rentable pour le naturaliste américain, qui se vit tout de même dédommagé par l’attention que Redouté porta à son travail. Bien des choses, mode de vie, tempérament, séparaient les deux hommes. L’un à la vie réglée, homme de cabinet, qui illustra l’Histoire des arbres forestiers de l’Amérique septentrionale de François-André Michaux d’après des échantillons et des plants rapportés ; l’autre, Davy Crockett du naturalisme, qui entreprit un ouvrage sur les oiseaux du Nouveau Monde en menant une vie de trappeur. Leur commune passion pour la nature suffit à les rapprocher et Audubon eut la satisfaction de voir son travail apprécié par un pair.<o:p></o:p>

    Les scientifiques firent appel à Redouté pour illustrer leurs ouvrages, une cinquantaine au total. Outre Fr.-A. Michaux, citons Augustin Pyrame de Candolle (Histoire des plantes grasses), Lamarck (Encyclopédie méthodique de la Botanique). Mais Redouté fut aussi à l’initiative de publications sur des sujets qui lui tenaient à cœur : après les liliacées (de 1802 à 1807), il entreprit, sur des textes de Claude-Antoine Thory, un livre consacré aux roses, somme née des longues heures passées dans la roseraie de la Malmaison dont Joséphine de Beauharnais lui avait ouvert grand les portes et dont il avait au début du siècle illustré la description qu’en avait donnée Etienne-Pierre Ventenat. Avec ce livre des Roses, la gloire de P.-J. Redouté atteignit son apogée. Puis la fortune tourna : les coûteux ouvrages illustrés se vendirent moins bien à partie des années 1830, il se retrouva près de la ruine ; sa candidature à l’Académie des Beaux Arts ne fut pas retenue ; une commande d’Etat qu’il espérait ne vint jamais.<o:p></o:p>

    Les planches préparatoires sont en général au lavis d’encre noire sur papier. Redouté donne sa pleine mesure à l’aquarelle sur vélin. Luxueux support, d’un beau blanc, le vélin est du cuir de veau mort-né. Son art d’aquarelliste doit sûrement à son séjour anglais. L’aquarelle est un medium de choix pour rendre la finesse d’une attache, la légèreté d’un pétale, la nuance d’une teinte. On trouve des délicatesses de ton dignes de la miniature médiévale, plus qu’avec la gouache auparavant employée pour la peinture sur vélin. Le dessinateur varie la mise en page : une fleur petite dans la page laissant le blanc parler (Trillium rhomboideum), ou des plantes feuillues dépassant le cadre doré, ou excentrées. <o:p></o:p>

    Le surnom de « Raphaël des fleurs » qui lui fut donné suggère une double mièvrerie, heureusement démentie par cet art où l’analytique et la sensibilité s’accordent comme sans effort.<o:p></o:p>

    Samuel<o:p></o:p>

    Les Vélins de Redouté, jusqu’au 29 avril 2009,

    Cabinet d’Histoire du Jardin des Plantes.<o:p></o:p>

    Illustration : Haemanthus multiflorus Wild. Aquarelle sur vélin, 1808.<o:p></o:p>


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