• La première joie du mariage, c’est quand le jeune homme est de belle jeunesse, qu’il est frais, net et plaisant ; qu’il ne se préoccupe que de délacer des aiguillettes, écrire des ballades et les chanter, regarder les plus belles femmes ; quand il cherche où il pourra trouver des plaisirs et du bon temps selon ses moyens, sans se préoccuper d’où viennent ces moyens, vu qu’en général il a encore père et mère, ou d’autres parents, qui lui baillent ce qui lui manque. Bien qu’il ait délices et plaisirs largement, il s’en fatigue et regarde ceux qui sont mariés, bien enfermés dans la nasse ; ils lui paraissent se divertir puisqu’ils ont l’appât auprès d’eux dans la nasse, à savoir la femme, belle, bien parée et bien habillée de vêtements que le mari n’a pas toujours payé : elle lui fait croire que son père ou sa mère les lui ont donnés en cadeau. Le jeune homme tournoie et cherche ainsi autour de la nasse ; il en fait tant qu’il y entre et se marie. A cause de sa hâte à tâter de l’appât, il advient souvent qu’il cherche quelque peu les ennuis et il s’y boute sans marchander.

    Le voilà dans la nasse, le pauvre homme qui ne se préoccupait que de chanter, d’acheter des aiguillettes, des bourses de soie et autres colifichets à donner aux belles ! Il y joue et s’amuse un peu, sans se soucier d’en sortir jusqu’à ce qu’il réfléchisse – mais il n’est plus temps. Il lui appartient de s’occuper de sa femme selon son rang. Voici par exemple une femme au cœur bon et enjoué qui vit l’autre jour, lors d’une fête où elle alla, les demoiselles, les bourgeoises et les femmes de sa condition, habillées à la nouvelle mode ; il faut bien qu’elle aussi soit habillée comme les autres. Elle cherche alors où et quand elle pourra aborder le sujet avec son mari. [...]

    Retrouvez l'intégralité de la Première Joie dans lovendrin n°9.


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  • Les modillons 11 et 12 appellent un développement particulier. S’ils illustrent la luxure, («deux d’entre eux montrent même par où ils ont péché», dit la brochure) qu’indiqueraient les autres ? Il y aurait là un décalage trop flagrant à mon avis pour être compréhensible. Surtout, les représentations indéniables de la luxure sont autres : la femme nue et assaillie par des batraciens et des crapauds est la plus avérée. Par ailleurs ces nus ne peuvent être mis sur le même plan que les nus de la Création ou de la Résurrection, où ils sont en situation (le contexte explique pourquoi ils sont nus ; la nudité n’est pas le sujet) ; ici ils sont nus et quasiment réductibles à leur sexe, parce que l’important est le caractère sexué du personnage. A ceux que ces sculptures choqueraient, rappelons que ces figures remontent à une période largement antérieure au protestantisme, donc pas encore encombrée de pudibonderie. (La pudibonderie et une susceptibilité mal placée des chrétiens par rapport à la religion sont des faits protestants, ainsi qu’il serait aisé de le démontrer par la littérature.)

    Ces personnages, déroutants et énigmatiques j’en conviens, ne sont pourtant pas exceptionnels. Ayant commencé à en chercher d’analogues après avoir vu ceux de Savennières, j’ai découvert le monde mystérieux des Sheela Na Gig. Ce terme est usité en Angleterre pour désigner ces figures sexuées ; appellation populaire irlandaise qui signifie « laid comme le péché ». C’est en Angleterre qu’on en dénombre le plus.

    Lisez l'intégralité de l'article de Samuel dans lovendrin n°9.


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  • Nous avons, en France, une mauvaise idée de ce que peut être le rap, car il ne nous est servi que sous la forme d’une soupe hargneuse et subventionnée : les textes hautement racistes, rimés à la façon des détestables longueurs de Péguy (quel retour en arrière !), plaqués sur les rythmes les moins inventifs, ne peuvent qu’être estimés négativement. Rien de tel dans le rap américain, et la compilation que vient de sortir le chanteur Eminem, sept ans après ses premiers succès, le montre sur tous les plans.

    Ses rythmes sont variés et subtils. Ils évitent l’écueil d’être mécaniques et bourrins, ce que le rythme est si aisément. S’il n’atteint pas la polyrythmie (peut-être ne la cherche-t-il pas), il paraît qu’il en aurait les moyens : cela donne une idée de son talent, car la polyrythmie n’est naturelle que dans certaines musiques traditionnelles africaines. La créativité d’Eminem ne s’arrête pas là, car sur ces rythmes chantent des mélodies comme on en trouve rarement : leur simplicité n’a rien de facile. La réussite est telle que rythme et mélodie semblent avoir éclos spontanément l’un pour l’autre. C’est dire si Eminem fait figure désormais parmi les maîtres du récitatif, une technique qui a toujours préoccupé les compositeurs, et dont les difficultés ont été plus ou moins bien résolues suivant les époques. S’agissant des textes, mon niveau en argot américain est trop bas pour que je vous en fasse un compte rendu valable. Ce ne sont certes pas de gentils poèmes à apprendre en classe : il a eu des mots si peu filiaux à l’égard de sa maman qu’elle l’a poursuivi pour diffamation (mais elle a été déboutée) ; on l’a accusé d’être homophobe et sexiste, ce qui, à notre époque d’Inquisition laïque et obligatoire, le rend assez sympathique. [...]

    Lisez l'intégralité de cet article de Kwasi Modo dans lovendrin n°9.


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